Han le gros rêve..
**
Avant même le déplacement, on se projette - & l'on voyage déjà – dans l'idée de l'ailleurs.
D'où cet irréductible paradoxe : on peut voyager très loin, immobile.
Partir. S'en aller.
Larguer d'invisibles amarres.
Ou encore l'idée d'un mouvement d'un déplacement vers un autrement, quel qu'il soit.
Comme l'a si bien écrit Jean-Didier Urbain, précédant toute rugosité du terrain, un voyage est d'abord un fait de l'esprit.
Quelqu'en soient les destinations, la durée ou les moyens, l'idée d'un départ fonde radicalement le concept même du voyage.
Le mobile est quasiment indifférent à l'affaire. Que l'on fuie aujourd'hui un intenable, ou que l'on imagine saisir demain un autre tenable, peu importe même que l'on puisse se tromper (
volontairement ? ) dans ces deux termes : l'idée du départ souvent signée d'obscurs impératifs, est un semblant de liberté arraché aux racines du quotidien et du local.
Rêver de partir...Traverser tels lointains désert ?
Rencontrer ces peuples si différents de nous ? Traverser telle immense chaines de montagne ? Devenir Marco Polo ou Nicolas Hulot ?
Peu importe au fond.Les traces qui mènent au dehors seront aussi multiples et différentes que les routes sillonnant ce même dehors.
Que ce soit dans un soucis de cohérence et de sens, ou par goût opposé de ce qui peut vaciller et trembler un peu – ou totalement encore – penser le simple commencement du voyage, se laisser aller à cette convocation du monde et à ses promesses, c'est déjà « voyager »..
Et il n'est rien de plus beau que l'instant qui précède le voyage, l'instant où l'horizon de demain vient nous rendre visite et nous dire ses promesses.
Anthologie des mots voyageurs, sisi. Skull Kid, you're a pain !